Benoît Lemoine exprime, à travers ses tableaux, une même quête, quasiment irréaliste en son interrogation sans fin de la peinture.

 

Du chaos des années passées, de la violence gestuelle qui traversait ses toiles, on retrouve dans ses plus récents travaux l’urgence du trait, l’afflux de la couleur surgissant sur le blanc – toujours plus présent – de la toile, affirmant les lignes, scandant les textes et la liberté des corps.

 

Car voilà que le corps s’arrachent à la confusion, se libèrent des géométries qui l’enfermaient en une géographie carcérale, parabole tragique pour l’improbable voyeur qu’est, toujours, le spectateur.

 

Cette peinture nous dit en effet que les corps n’en finissent pas de se dérober, de fuir, que le désir est indicible, comme le regard, que le peintre aux prises avec le sujet n’a d’autre solution que de dépasser.

 

Cette peinture nous dit encore que les mots de l’écriture sont à redécouvrir, au delà de la lecture, dans les signes retrouvés qui les constituent.

 

Elle nous rappelle que nous n’en finissons pas de nous cogner sur la surface des choses, sur l’apparence des formes et du verbe.

 

Mise en scène de la mise en œuvre, en une théâtralisation de l’œuvre en train de se faire, autocitations dans sa genèse, ses traverses, nous sommes là, au delà du savoir-faire, dépassé, refusé, au cœur de la démarche d’un artiste, qui, face à l’impossibilité narrative, n’en poursuit pas moins sa recherche de cet au-delà du possible qu’est la peinture.

 

Pierre R. Pontani (1992)

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(33) 6 73 37 01 48

 

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